Developpement Nomade

Programme / concours d'idées UTOPIES CONCRETES - LAUREAT
Lieu / Paris, France
Maitrise d’ouvrage / IFA
Maitrise d’oeuvre / in/Uit architectes - E. Roinsard + L. Godefroy + B.Nauleau + PY. Arcile + B. Moreira
Mission / concours d'idées
Étude / 2004
Distinction / Projet lauréat exposé à la 9e Biennale de Venise

  • Penser la ville dans une dynamique de développement durable, ce n’est pas que réinventer des systèmes recyclables, économiques, mixtes … qui recréent la ville, surviennent ex-nihilo. S’inscrire dans un développement durable c’est repenser la matière urbaine existante, la recycler et non en créer une à recycler, (la matière est déjà là).
    La position de l’architecte n’est pas que dans la création, sa responsabilité s’engage aussi dans le devenir de sa production, de l’architecture (passée ou future), qui constitue son outil de travail : l’urbain. Notre proposition ne s’inscrit pas dans l’invention, la création d’une nouvelle architecture écologique et durable. Elle tente de réutiliser une matière existante (première économie d’énergie, premier recyclage urbain) pour requestionner l’usage même de la ville, nos comportements, nos besoins, nos habitudes.
    INTENTIONS
    « […] simulations « ouvertes » de nos espaces urbains, capables de transformer sérieusement nos villes de manière durable  […] accepter de vivre autrement. »
    Françoise-Hélène JOURDA, appel à contributions UTOPIES CONCRETES, 2004.
    Economiser la matière urbaine : face à l’étalement urbain actuel et à l’investissement d’énergie qu’occasionne la création de nouveaux matériaux, alors que la ville héberge une quantité d’espaces non utilisés, l’exploitation d’un parc bâti existant nous est apparu comme une alternative dynamique pour occuper la ville.
    Le projet propose de recenser et d’investir les espaces urbains inoccupés, à l’aide d’une banque de données appelée « réserve de disponibilité foncière », il s’agit de mettre en lien propriétaires et usagers de la ville, dans un échange réciproque.
    MODE D’EMPLOI
    Des espaces, privés et non utilisés, pourront être réquisitionnés pour être ensuite mis à disposition. Ces espaces pourront répondre à des demandes multiples : situations d’urgence (abriter une école sinistrée, reloger des particuliers après une catastrophe …), besoin de locaux pour des associations, de jeunes entreprises, ateliers d’artistes…, des équipements urbains temporaires (cinéma de plein air, mur d’escalade …), exploitation d’espaces végétalisés (jardins ouvriers non attribués, toit à barbecue …)…
    Le propriétaire n’est pas dépourvu de son bien, la mise en disponibilité ne dure que jusqu’à ce qu’il apporte un projet ou le récupère pour un usage personnel. En échange il se verra accorder des baisses d’impôts fonciers, et une exonération de certaines taxes de construction, s’il intègre les activités qui s’y déroulaient, lors du réinvestissement de son terrain…La pérennisation de l’activité se fait alors par concertation entre usagers et propriétaires, et s’inscrira dès lors dans un système de location habituel.
    Parallèlement, durant tout le temps de cette mise en disponibilité, la réserve foncière s’engage à entretenir le bien foncier, éviter sa dégradation. Pendant ce laps de temps, le propriétaire n’est plus gestionnaire de son bien (entretien et coût).
    Les usagers potentiels de la réserve foncière pourront bénéficier gratuitement de ces espaces disponibles, les exploitant temporairement, ils ne pourront être expulsés sans un préavis, d’une semaine. Comme seules contraintes : la temporalité de l’exploitation, précaire et soumise à un bail limité en temps, renouvelable sous certaines conditions, et un don de temps, d’une durée minimale, servant à l’entretien du parc immobilier de la réserve foncière, « investir un lieu, en entretenir un autre… ».
    EFFETS
    La réserve foncière est totalement dépendante du marché de la construction, son fonctionnement n’est envisageable qu’en étant minoritaire face à un parc immobilier locatif ou en accession, elle ne vient pas le suppléer mais le compléter en aidant les investisseurs avec certaines baisses de taxes.
    Le coût d’investissement pourra ainsi être gérer par le propriétaire, en fonction de la durée de mise en disponibilité de son bien foncier : longue durée = baisse de taxes majorées. L’abaissement du prix de construction peut également induire une réduction des loyers.1
    Par le biais d’un échange de temps la réserve foncière permet l’entretien gratuit du patrimoine bâti non exploité, les locaux nécessitent ainsi moins de rénovations a priori, lors du réinvestissement par le propriétaire. Ce moindre coût peut également avoir une influence sur les loyers.2
    La disponibilité foncière permet de répondre à des situations d’urgences en offrant des locaux décents aux usagers. Elle peut ainsi éviter certains abus de locations insalubres.3
    La réserve propose une autre façon d’appréhender la ville : « être touriste dans sa propre ville ». Elle permet d’appréhender différents quartiers de l’intérieur, de s’investir dans un territoire qui n’est pas celui où on réside quotidiennement, « délocalisation sentimentale ». L’investissement peut prendre acte par l’activité qu’on pratique au sein du quartier et dans l’entretien du bien d’autrui, devenu temporairement bien commun.
    La délocalisation temporaire des usagers, amène également à se côtoyer, les populations venant de lieux différents. Cette mixité sociale peut ensuite se révéler au sein d’une nouvelle programmation immobilière.
    Ces espaces disponibles rendent possible le développement d’un parcours résidentiel, en particulier pour des associations, des artistes, tout organisme désireux de se faire connaître. En effet, au gré des déplacements d’un lieu vacant à un autre, l’impact géographique exercé par l’association s’agrandit, la réserve devient indirectement outil de promotion.
    En développant l’influence de ces structures aux conditions parfois incertaines, elle leur permet d’entrer en contact avec des investisseurs et parfois de pérenniser leur activité au sein d’un ensemble immobilier.
    1 « Les charges foncières ont augmentées de 50% en île de France », Stéphane DAMBRINE, président de l’AORIF, article du Moniteur 2 Juillet 2004, p18.
    2 « Achetés cher, ces logements sont loués cher, les loyers plafond de l’amortissement ayant tiré vers le haut le reste du marché locatif. Là aussi, l’accès au logement devient plus onéreux. », article du Moniteur 2 Juillet 2004, p19.
    3 « […] dans certaines régions, […] les actifs ne réussissent plus à se loger sur place et […] les saisonniers sont soumis à des conditions d’hébergement d’un autre âge. », article du Moniteur 2 Juillet 2004, p18

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